Patrimoine

Histoire du Saussay

Commune du Saussay, département de la Seine-Maritime, Arrondissement de Rouen et Canton d’Yvetot 

Saussay, autrefois nommé Le Saussay, a en réalité pris racine sous le nom et l’orthographe de Le Saussaye. Saussay, en latin salix, désigne le saule suivi du suffixe latin de présence -etus: lieu où poussent les saules. 

Nous savons par la distinction d’un de ses seigneurs à Hastings en 1066, que le village existe au XIème siècle.

Deux siècles plus tard, le village est érigé en paroisse. C’est au XVIIIème siècle que le Saussay voit s’élever un château classique, œuvre de Armand-Jérôme Bignon, illustre personnage très attaché, comme l’indiquent ses nombreux titres à la capitale et au roi. 

Au XIXème siècle, le Saussay est une ligne de chemin de fer de raccordement entre Clères et Motteville. Des lignes ont également servi aux habitants de la commune grâce aux trains voyageurs (Motteville - Montérolier Buchy). 

Les habitants de la commune du Saussay sont appelés les Saussayais et Saussayaises. Le dernier recensement, datant de 2019, a permis de comptabiliiser 383 habitants dans le village. 


Autrefois la comune était animée par un café / épicerie / mercerie : "Maison Loguet", qui était tenu par Monsieur et Madame Lemaistre et a fermé en 1965.

 

 

C’est en 2009 que le cœur du village s'est transformé : une nouvelle mairie a été érigée face à l’église pour mieux servir les administrés. Ce projet a permis de donner une seconde vie à l'ancien bâtiment communal, désormais réhabilité en espace locatif.

Eglise Saint Martin


L’église Saint Martin se caractérise par son toit divisé en trois éléments de hauteur différente.

Le pied carré du clocher prend naissance sur la nef pour s’achever en une longue flèche polygonale, l’ensemble étant couvert d’ardoises.

L’emploi de la brique et du silex alterne sur une partie des murs de l’édifice. La brique, note polychrome et décorative, sert également à l’encadrement des baies.

Un pèlerinage à Saint Dignefort, prié contre les douleurs d’intestins, a lieu jadis dans la paroisse. 

L'édifice comporte plusieurs statuts : Charité de Saint Martin (17e siècle), Saint Barnabé (limite 17e siècle 18e siècle), Vierge à l'Enfant (1ère moitié 17e siècle), Saint Martin (limite 17e siècle 18e siècle), Saint Brice (1ère moitié 17e siècle), Saint Guillaume d'Aquitaine (17e siècle / 19e siècle), sainte Barbe (1ère moitié 17e siècle) et Saint Wulmer (1ère moitié 17e siècle).


L’autel date du XIIème siècle, quant à la nef et à la structure en silex, celles-ci ont été restaurées au XVIIIème siècle. Le tableau de l'Assomption a été placé au retable en 1850 ou 1851.

Depuis 2014, des messes ont lieu dans l’église Saint Martin une fois tous les trimestres.

Les messes sont animées par le prêtre de la paroisse d’Yerville-Plateau de Caux. 

Le Château

Il s’agit là du plus parfait exemple de demeure du XVIIIème siècle, telle que la concevaient les architectes d’une époque qui cherchait à allier la simplicité de bon goût à l’équilibre des formes. 


Celui qui dut faire édifier ce château avait en effet de fortes attaches avec la capitale, puisqu’il semble bien que ce soit Armand-Jérôme Bignon, président au Grand Conseil en 1738, bibliothécaire du Roi (Louis XV), l’un des Quarante de l’Académie Française en 1743, Maître des Cérémonies des Ordres du Roi en 1754, prévôt des Marchands en 1764, qui mourut à Paris en 1772. Il était fils d’Armand-Roland, Seigneur de Blanzy, bibliothécaire du Roi intendant de la Rochelle.


C’est en épousant en 1736 Marie-Angélique Blanche Hue du Vertmanoir (1721-1778) qu’il avait dû devenir à la mort de sa belle-mère en 1763, Seigneur du Saussay.


Dans l’église paroissiale, sur une pierre tombale, aujourd’hui disparue, on pouvait lire que Thomas Hue, seigneur de Vertmanoir, Semilly, la Haulle, Saussay et autres lieux, conseiller en la Grande Chambre du Parlement de Normandie, était mort en 1733 et que son fils l’avait précédé en 1718. Vertmanoir était un fief de l’élection de Bernay, et il descendait de Pierre Hue, anobli en 1590, d’une famille originaire de Saint-Lô issue de Thomas Hue, grand-père de Pierre, bourgeois de cette ville.

La Gare

Située au point kilométrique 31,760 de la ligne reliant Montérolier-Buchy à Motteville, la gare de Saussay - Saint-Martin incarne la riche histoire ferroviaire de la Seine-Maritime, entre desserte locale et enjeu logistique national.

Inaugurée le 1ᵉʳ juillet 1876 par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, la gare a longtemps rythmé le quotidien de la campagne normande. Elle assurait le transport de voyageurs via plusieurs allers-retours quotidiens reliant les petites communes du plateau cauchois. Cependant, la création de la SNCF en 1938 et la réorganisation des transports ont mis un terme définitif au service des voyageurs, reconvertissant la ligne vers le seul trafic de marchandises (céréales, engrais).

Après un déclin progressif et une neutralisation du tronçon à la fin du XXᵉ siècle, la gare du Saussay a connu un second souffle inattendu. Portée par le développement du complexe Port 2000 du Havre, la ligne a été entièrement modernisée et électrifiée en 2008.

Aujourd'hui, si le bâtiment de la gare de Saussay - Saint-Martin n'accueille plus de voyageurs, la voie unique qui le borde joue un rôle stratégique : elle permet aux trains de fret internationaux de contourner le nœud ferroviaire saturé de Rouen.